Vécu : « J’étais au régime. Il y avait du saucisson. »

Saucisson
Cet hiver, Claire a décidé de se mettre au régime. Mais alors qu’elle devait voir quelques amies, elle s’est retrouvée nez à nez avec du saucisson… Récit glaçant.

Je suis une femme bien dans mon corps. Seulement voilà, début 2015, mon poids a augmenté. Je ne sais pas si les vitrines des boulangeries étaient plus belles qu’avant, mais il est certain que moi, j’étais une meilleure cliente.

J’avais faim, j’avais envie de manger tout ce qui avait le malheur d’être sous mes yeux. Chocolat, Häagen-Dazs, fromage de chèvre, croissants au beurre, gratin dauphinois, barbecue, cassoulet, cookies, tiramisu, baguette de pain, fondant au chocolat, charcuterie, camembert, pizza, îles flottantes, hamburger… Tout y passait. Alors voilà, au bout de quelques mois, il a fallu se rendre à l’évidence : j’avais grossi. Et je ne pouvais plus le nier : il fallait que je perde du poids.

Il y a quelques mois, j’ai donc entamé un régime. J’essayais de focus sur les protéines végétales et les légumineuses. Je buvais des litres d’eau pour faire passer la faim. Je pensais à me mettre à fumer car on m’avait dit que ça coupe la faim.

« Claire, il y a du saucisson… » m’a dit ma copine Nathalie. « Ah » ai-je répondu. J’étais face au gouffre. Dans Adam et Eve, j’étais Eve, mais la pomme s’était transformée en saucisson. Et l’assiette était remplie de tranches de saucisson, l’arbre plein de fruits, qui m’appelaient. Ma copine Nathalie était le serpent qui tentait de me faire pécher. Et Adam était sans doute incarné par le canapé sur lequel j’étais assise. Ou peut-être par les tomates sans sauce que j’étais censée manger.

Les tranches étaient là, belles, grasses, triomphantes… Le saucisson disposé sur l’assiette était un ouragan auquel on ne peut résister. De la graisse animale qui suintait le faisait briller vivement. Ses yeux doux me regardaient en me promettant mille jouissances. Il était là, assumant sa solitude, montrant sa profondeur. Il était une promesse de bonheur.

Et puis, c’est arrivé. J’ai craqué. Une tranche simple, fine, juste une tranche, comme ça. D’abord, ça aurait presque pu être la petite gourmandise que mon régime permettait une fois dans la semaine. Mais pour ça, il aurait fallu s’arrêter. Ce dont je n’ai pas été capable. J’ai continué : deux tranches, puis trois tranches, puis quatre tranches. Je ne voyais plus les autres. Mes copines me parlaient de leurs vies pro, et je ne les entendais plus, dans une obsession transcendentale pour le saucisson. Rien ne m’atteignait. Il y avait le saucisson.

J’ai terminé le morceau que ma copine nous avait proposé. J’ai même cherché les miettes, mais il n’y en avait pas.

Ca a été le début d’une longue période, difficile. D’un chemin sinueux après cet épisode noir. J’étais au régime, il y avait du saucisson. Aujourd’hui, c’est toujours difficile à vivre. Mais je m’en remets petit à petit. On n’oublie jamais rien, mais on apprend à vivre avec.

 

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12 Commentaires
  1. Il y avait du saucisson. Il n’y en a plus. Va chercher la petite à la garderie, ça te fera du sport, j’en garde un bien au chaud pour quand tu seras rentrée. Allez ouste !

  2. Moi assi je suis au régime, mais j’ai un avantage sur toi mimie c’est que avant les fêtes et encore maintenant j’ai mal a l’estomac…. aussi j’ai bien maigri malgré cela des fois je mange et après ……….AÏE !!!!
    L’histoire et formidable ….. je croyais quel était de toi . Courage . Bz 😉

  3. Claire, la prochaine fois mange plutôt la planche, ou au moins enlève les morceaux de gras. Je te préviens, si tu demandes encore s’il reste des T40 la prochaine fois qu’on va ensemble en vente privée, je fais semblant de ne pas te connaître.

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